• Cours d'histoire 3 eme

    CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

    1914-1918  ( 7 heures avec l’évaluation)

    En 1914, l’Europe, et surtout la France et le Royaume-Uni, domine le monde. Mais les tensions et les rivalités sur le continent sont fortes : frontalières (ex. Alsace-Lorraine), commerciales, coloniales, politiques (empires centraux, républiques, monarchies). Surtout de nombreuses nationalités souhaitent plus d’autonomie et parfois l’indépendance (les Slaves souhaitent constituer un Etat autour de la Serbie par exemple). Ces tensions se traduisent dans deux systèmes d’alliances défensives et offensives: la Triple Alliance et la Triple Entente.

     

    De quelles façons civils et militaires sont-ils impliqués dans la Première Guerre Mondiale?

    I/ Une guerre synonyme de « violence de masse » chez les militaires comme pour les civils.

    A/ La bataille de Verdun, un exemple de la violence militaire au front.( Fevrier-Décembre 1916)

    Intro : ( je situe dans le temps et dans l’espace)La bataille de Verdun a eu lieu en France de février à Décembre 1916.

    Nous sommes dans une nouvelle forme de guerre : la guerre de tranchées. Les tranchées sont des longs fossés creusés dans le sol, parfois étayées de bois et surmontées de barbelés. Les poilus s’y enterrent, attendant l’attaque ou le prochain assaut.

    Elles sont le lieu de combats violents où sont utilisés des armes extrêmement meurtrières : obus, grenades, canons, fusils à baïonnette, mitrailleuses, gaz asphyxiants. Elles permettent de tuer en masse et provoquent des blessures irréversibles.

    Conclusion : (bilan rapide ou ouverture)Verdun fut l’une des batailles les plus meurtrières de la Premières Guerre Mondiale : on estime qu’il y eut 1000 morts par jour pendant 300 jours. Cette violence inutile sera à l’origine de mutineries en 1917.

    Chaque Etat réorganise les activités productives pour fournir les militaires en armes et en nourriture : c’est l’économie de guerre. Les impôts et les emprunts financent cette production assurée en partie par des femmes (elles remplacent les hommes aux champs, dans les usines (munitionnettes), au volant des tramways…). Les Etats utilisent la propagande et la censure pour préserver le moral de la population : on parle de « bourrage de crâne ». Les bombardements et le rationnement accentuent la souffrance des civils à l’arrière.

     

    C/ Une violence qui atteint des peuples entiers : le génocide des Arméniens.

    En 1915, plus de 2 millions d’arméniens chrétiens vivent dans l’empire ottoman. Entré en guerre en 1914 aux côtés de la Triple Alliance, l’empire Ottoman musulman subit des revers militaires et la minorité arménienne chrétienne est accusée de trahir au profit de l’ennemi russe. Le gouvernement décide alors de la déportation et du massacre de la communauté arménienne entre Avril 1915 et Juillet 1916. On estime qu’il y eut plus d’un million de victimes : on parle de violence de masse puisqu’elle concerne une population entière du fait de ses origines. Plus tard, on parlera de génocide.

    II/ Une guerre qui fragilise les sociétés européennes.

    A/ Une Europe transformée par la Révolution Russe d’Octobre 1917.

    L’Europe dès 1917, est secouée par d’importants troubles sociaux. En Février 1917, la Russie doit faire face aux  défaites, aux pénuries et à la hausse des prix. Les grèves et manifestations aboutissent à l’abdication du Tsar Nicolas II. En Octobre, le nouveau gouvernement qui poursuivait la guerre, est renversé par les Bolcheviks conduits par le communiste Lénine (bio p 50).Le partage des terres et la fin de la guerre sont aussitôt décidés. La paix avec l’Allemagne est signée en Mars 1918 à Brest-Litowsk. La Russie devient URSS (Union des Républiques Socialistes soviétiques) en 1922 avec Moscou pour capitale.

    B/ Une Europe affaiblie qui construit une paix fragile.

    1.       Un traité mal négocié.

    L’armistice est signé à Rethondes le 11 Novembre 1918. Le traité de Versailles signé le 28 Juin 1919, déclare l’Allemagne responsable de la guerre. Elle doit payer des réparations, perd 1/7 eme de son territoire et ses colonies, et voit ses capacités militaires réduites. Il est considéré comme un diktat par les populations allemandes.

     

    2.       Une carte de l’Europe modifiée.

    Les traités de paix mettent fin aux empires et donnent naissance à de nouveaux Etats. Pourtant ils ne règlent pas tous les problèmes de nationalités et de frontières. L’Europe est en déclin : endettée, elle doit faire face à de nombreuses destructions matérielles (routes, villages, usines à reconstruire au Nord Est de la France). Les Etats-Unis et le Japon apparaissent comme des puissances montantes.

     

    3.       Un bilan humain lourd.

    Entre 8 et 10 millions de soldats sont morts. Nombreux sont ceux qui restent mutilés et à charge des Etats comme les  « gueules cassées ». La baisse de natalité est sensible, tandis que la violence des combats a laissé de nombreuses veuves et orphelins désormais à la charge des pays. Les nations en deuil érigent des monuments aux morts où transperce leur traumatisme : elle doit être la « Der des Ders ». Des associations d’anciens combattants se multiplient plus ou moins pacifistes ou vengeresses.  La conférence de la paix crée la première organisation internationale pour la paix, la SDN, à partir des 14 articles proposés par le Président américain Wilson.

     

    Conclusion : De quelles façons civils et militaires sont-ils impliqués dans la Première Guerre Mondiale?

    La Première Guerre Mondiale a été d’une violence inégalée jusque-là (tranchées et génocide), mondiale (tous les continents sont concernés) et totale puisqu’elle a mobilisé toutes les ressources humaines et matérielles des pays. Cette violence de masse a atteint autant les civils que les militaires. 

    Pour vous aider à réviser, cliquez sur ce lien 

     _______________________________________________________________________________

    DEMOCRATIES, TOTALITARISME DANS L’ENTRE-DEUX GUERRES

    Les difficultés à surmonter le traumatisme de la guerre et les difficultés économiques vont entrainer de nombreuses crises en Europe et le recul des démocraties. En URSS et en Allemagne, par exemple, s’installent des régimes totalitaires, tandis que la France peine à lutter contre la montée de l’extrême droite.

    Pourquoi et comment les démocraties sont-elles affaiblies, alors que des régimes totalitaires s’établissent en Russie et en Allemagne ?

    I/ Quelles formes prennent les régimes totalitaires en URSS et en Allemagne? 

    A/ Le stalinisme en URSS.

    1.       La mise en place du régime.

    La prise de pouvoir par les Bolcheviks dirigés par Lénine en octobre 1917 a jeté les bases du premier régime socialiste de l’histoire : partage des terres, soviets d’ouvriers dirigeant les usines. Les Bolcheviks (Rouges) finissent par gagner la guerre civile qui les opposait aux Blancs divisés( tsaristes et Républicains). A la mort de Lénine en 1924, Staline, Secrétaire Général du parti communiste, élimine tous ses adversaires dont Trotski, et instaure à partir de 1928, une véritable dictature totalitaire.

    2.       En quoi a consisté le régime stalinien ? 

    A partir de 1928, Staline impose la collectivisation des terres et la planification quinquennale. Les terres agricoles sont regroupées notamment en kolkhozes (coopératives de paysans) qui, plus rentables, financeront l’industrialisation du pays. A chaque branche de l’économie sont fixés des objectifs à atteindre obligatoirement : c’est la planification quinquennale. Cela s’accompagne de la dékoulakisation, c’est-à-dire de l’exécution ou de l’envoi dans des goulags en Sibérie des paysans propriétaires. Ils sont l’objet d’une véritable propagande de dénigrement. Parallèlement, de grandes régions d’industries lourdes sont créées près des sources de charbon et de fer comme le Donbass.

    3.       Un gouvernement totalitaire.

    La transformation de l’URSS en un pays économiquement puissant se fait au prix d’envois massifs dans les goulags, de procès retentissants contre les hauts dirigeants du pays qui semblent menacer la toute-puissance de Staline (« Grands procès de Moscou » de 1938), d’une propagande incessante et d’un culte de la personnalité qui vante le « Petit père des peuples » et le « grand bâtisseur du communisme ». La police politique, la Guépéou, fait régner l’ordre. Le régime stalinien est un régime totalitaire qui dirige autoritairement le pays économiquement, socialement, politiquement.

    Pour réviser, cliquer sur ce lien.

    B/ Le nazisme en Allemagne.

    1.       La mise en place du régime.

    Dans un contexte d’indignation face à l’armistice de Rethondes et au Traité de Versailles, puis de crise économique venue des Etats-Unis à partir de 1929, Hitler, et son parti le NSDAP ( pour la Grande Allemagne, l’abrogation du Diktat, la fin du Parlement et le travail réservé aux Allemands), sont de plus en plus écoutés en Allemagne. Ils remportent les élections législatives de 1932 avec 37% des voix. Le 30 Janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier par le président Hindenburg. Il va désormais s’appliquer à réaliser son programme écrit dans Mein Kampf (Mon Combat) en 1923.

    Hitler forme un gouvernement de coalition dans un premier temps. Le 27 Février 1933, le Reichstag, lieu de réunion des députés allemands brûle. Le « crime » profite aux nazis. Dès le 1 er Mars 1933, Hitler applique sa doctrine exposée dans Mein Kampf: restriction des libertés individuelles, de la liberté de la presse, de la liberté de réunion. Il se fait donner les pleins pouvoirs : il est désormais le führer (guide). A la mort d’Hindenburg en 1934, il devient le Reichführer. 

    2.       La mise au pas  de la société allemande.

    La société allemande est assez rapidement encadrée:

    -          Par une police politique: la Gestapo

    -          Grâce à une armée constituée de SS et de SA. Ceux-ci sont épurés après la nuit des longs couteaux du 30 Juin 1934

    -          Grâce à la création du premier camp de concentration; Dachau.

    -          Par la mise en place d’une politique antisémite: les gens de religion juive n’ont plus la nationalité allemande et sont mis au ban de la société, puis tout est fait pour leur faire fuir le pays comme la Nuit de Cristal de Novembre 1938

    -          Par la propagande incessante et simpliste orchestrée par Goebbels avec des slogans comme « ein volk, ein Reich, ein Fuhrer », la « race aryenne supérieure » ou encore « l’espace vital » nécessaire aux allemands ».

    -          Par le culte de la personnalité

     

    II/ La démocratie française face aux crises.

     

    A/ L’arrivée au pouvoir du Front Populaire.

    La crise économique n’atteint la France qu’en 1931. Comme dans tous les pays européens, elle se traduit par la montée du chômage et de la misère. Cela favorise le discours antiparlementaire, antidémocratique et raciste des Ligues d’extrême droite. Celles-ci organisent une manifestation à Paris le 6 Février 1934. Elle tourne à l’émeute et menace le Palais Bourbon, symbole de la démocratie. En réaction, la Gauche s’unit sur un programme commun (pain, paix, liberté face à la misère, la guerre et le fascisme) et forme le Front Populaire (def p 73) qui gagnera les élections législatives de Mai 1936.

     

    B/ La réponse du Front Populaire à la crise politique et économique: les grandes lois sociales.

    Des « grèves joyeuses » éclatent dans toute la France à la suite de la victoire du Front Populaire. Léon Blum devient Chef du gouvernement et obtient des Accords à Matignon qui déboucheront sur de Grandes lois sociales : 40 heures de travail par semaine, 15 jours de congés payés, nationalisation des chemins de fer et industries d’armement, scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, augmentation des salaires. Mais les réformes ne portent pas les fruits escomptés et L. Blum n’engage pas la France aux côtés des Républicains espagnols qui luttent contre la volonté dictatoriale des Franquistes. Le parti communiste puis les radicaux retirent leur soutien aux socialistes. L. Blum démissionne. C’en est fini du Front Populaire.

    Conclusion : la marche à la guerre

     

    Dès 1935, l’Allemagne nazie multiplie les coups de force : annexion de la Sarre, remilitarisation de la Rhénanie en 1936, Anschluss avec l’Autriche en 1938, annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie en 1938 et 1939. Les démocraties  laissent faire devant les justifications germanophones d’Hitler lors de la Conférence de Munich de 1938. C’est en fait la marche vers la Seconde Guerre Mondiale.