• Cours d'histoire 3 eme

    CIVILS ET MILITAIRES DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

    1914-1918  ( 7 heures avec l’évaluation)

    En 1914, l’Europe, et surtout la France et le Royaume-Uni, domine le monde. Mais les tensions et les rivalités sur le continent sont fortes : frontalières (ex. Alsace-Lorraine), commerciales, coloniales, politiques (empires centraux, républiques, monarchies). Surtout de nombreuses nationalités souhaitent plus d’autonomie et parfois l’indépendance (les Slaves souhaitent constituer un Etat autour de la Serbie par exemple). Ces tensions se traduisent dans deux systèmes d’alliances défensives et offensives: la Triple Alliance et la Triple Entente.

     

    De quelles façons civils et militaires sont-ils impliqués dans la Première Guerre Mondiale?

    I/ Une guerre synonyme de « violence de masse » chez les militaires comme pour les civils.

    A/ La bataille de Verdun, un exemple de la violence militaire au front.( Fevrier-Décembre 1916)

    Intro : ( je situe dans le temps et dans l’espace)La bataille de Verdun a eu lieu en France de février à Décembre 1916.

    Nous sommes dans une nouvelle forme de guerre : la guerre de tranchées. Les tranchées sont des longs fossés creusés dans le sol, parfois étayées de bois et surmontées de barbelés. Les poilus s’y enterrent, attendant l’attaque ou le prochain assaut.

    Elles sont le lieu de combats violents où sont utilisés des armes extrêmement meurtrières : obus, grenades, canons, fusils à baïonnette, mitrailleuses, gaz asphyxiants. Elles permettent de tuer en masse et provoquent des blessures irréversibles.

    Conclusion : (bilan rapide ou ouverture)Verdun fut l’une des batailles les plus meurtrières de la Premières Guerre Mondiale : on estime qu’il y eut 1000 morts par jour pendant 300 jours. Cette violence inutile sera à l’origine de mutineries en 1917.

    Chaque Etat réorganise les activités productives pour fournir les militaires en armes et en nourriture : c’est l’économie de guerre. Les impôts et les emprunts financent cette production assurée en partie par des femmes (elles remplacent les hommes aux champs, dans les usines (munitionnettes), au volant des tramways…). Les Etats utilisent la propagande et la censure pour préserver le moral de la population : on parle de « bourrage de crâne ». Les bombardements et le rationnement accentuent la souffrance des civils à l’arrière.

     

    C/ Une violence qui atteint des peuples entiers : le génocide des Arméniens.

    En 1915, plus de 2 millions d’arméniens chrétiens vivent dans l’empire ottoman. Entré en guerre en 1914 aux côtés de la Triple Alliance, l’empire Ottoman musulman subit des revers militaires et la minorité arménienne chrétienne est accusée de trahir au profit de l’ennemi russe. Le gouvernement décide alors de la déportation et du massacre de la communauté arménienne entre Avril 1915 et Juillet 1916. On estime qu’il y eut plus d’un million de victimes : on parle de violence de masse puisqu’elle concerne une population entière du fait de ses origines. Plus tard, on parlera de génocide.

    II/ Une guerre qui fragilise les sociétés européennes.

    A/ Une Europe transformée par la Révolution Russe d’Octobre 1917.

    L’Europe dès 1917, est secouée par d’importants troubles sociaux. En Février 1917, la Russie doit faire face aux  défaites, aux pénuries et à la hausse des prix. Les grèves et manifestations aboutissent à l’abdication du Tsar Nicolas II. En Octobre, le nouveau gouvernement qui poursuivait la guerre, est renversé par les Bolcheviks conduits par le communiste Lénine (bio p 50).Le partage des terres et la fin de la guerre sont aussitôt décidés. La paix avec l’Allemagne est signée en Mars 1918 à Brest-Litowsk. La Russie devient URSS (Union des Républiques Socialistes soviétiques) en 1922 avec Moscou pour capitale.

    B/ Une Europe affaiblie qui construit une paix fragile.

    1.       Un traité mal négocié.

    L’armistice est signé à Rethondes le 11 Novembre 1918. Le traité de Versailles signé le 28 Juin 1919, déclare l’Allemagne responsable de la guerre. Elle doit payer des réparations, perd 1/7 eme de son territoire et ses colonies, et voit ses capacités militaires réduites. Il est considéré comme un diktat par les populations allemandes.

     

    2.       Une carte de l’Europe modifiée.

    Les traités de paix mettent fin aux empires et donnent naissance à de nouveaux Etats. Pourtant ils ne règlent pas tous les problèmes de nationalités et de frontières. L’Europe est en déclin : endettée, elle doit faire face à de nombreuses destructions matérielles (routes, villages, usines à reconstruire au Nord Est de la France). Les Etats-Unis et le Japon apparaissent comme des puissances montantes.

     

    3.       Un bilan humain lourd.

    Entre 8 et 10 millions de soldats sont morts. Nombreux sont ceux qui restent mutilés et à charge des Etats comme les  « gueules cassées ». La baisse de natalité est sensible, tandis que la violence des combats a laissé de nombreuses veuves et orphelins désormais à la charge des pays. Les nations en deuil érigent des monuments aux morts où transperce leur traumatisme : elle doit être la « Der des Ders ». Des associations d’anciens combattants se multiplient plus ou moins pacifistes ou vengeresses.  La conférence de la paix crée la première organisation internationale pour la paix, la SDN, à partir des 14 articles proposés par le Président américain Wilson.

     

    Conclusion : De quelles façons civils et militaires sont-ils impliqués dans la Première Guerre Mondiale?

    La Première Guerre Mondiale a été d’une violence inégalée jusque-là (tranchées et génocide), mondiale (tous les continents sont concernés) et totale puisqu’elle a mobilisé toutes les ressources humaines et matérielles des pays. Cette violence de masse a atteint autant les civils que les militaires. 

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    DEMOCRATIES, TOTALITARISME DANS L’ENTRE-DEUX GUERRES

    Les difficultés à surmonter le traumatisme de la guerre et les difficultés économiques vont entrainer de nombreuses crises en Europe et le recul des démocraties. En URSS et en Allemagne, par exemple, s’installent des régimes totalitaires, tandis que la France peine à lutter contre la montée de l’extrême droite.

    Pourquoi et comment les démocraties sont-elles affaiblies, alors que des régimes totalitaires s’établissent en Russie et en Allemagne ?

    I/ Quelles formes prennent les régimes totalitaires en URSS et en Allemagne? 

    A/ Le stalinisme en URSS.

    1.       La mise en place du régime.

    La prise de pouvoir par les Bolcheviks dirigés par Lénine en octobre 1917 a jeté les bases du premier régime socialiste de l’histoire : partage des terres, soviets d’ouvriers dirigeant les usines. Les Bolcheviks (Rouges) finissent par gagner la guerre civile qui les opposait aux Blancs divisés( tsaristes et Républicains). A la mort de Lénine en 1924, Staline, Secrétaire Général du parti communiste, élimine tous ses adversaires dont Trotski, et instaure à partir de 1928, une véritable dictature totalitaire.

    2.       En quoi a consisté le régime stalinien ? 

    A partir de 1928, Staline impose la collectivisation des terres et la planification quinquennale. Les terres agricoles sont regroupées notamment en kolkhozes (coopératives de paysans) qui, plus rentables, financeront l’industrialisation du pays. A chaque branche de l’économie sont fixés des objectifs à atteindre obligatoirement : c’est la planification quinquennale. Cela s’accompagne de la dékoulakisation, c’est-à-dire de l’exécution ou de l’envoi dans des goulags en Sibérie des paysans propriétaires. Ils sont l’objet d’une véritable propagande de dénigrement. Parallèlement, de grandes régions d’industries lourdes sont créées près des sources de charbon et de fer comme le Donbass.

    3.       Un gouvernement totalitaire.

    La transformation de l’URSS en un pays économiquement puissant se fait au prix d’envois massifs dans les goulags, de procès retentissants contre les hauts dirigeants du pays qui semblent menacer la toute-puissance de Staline (« Grands procès de Moscou » de 1938), d’une propagande incessante et d’un culte de la personnalité qui vante le « Petit père des peuples » et le « grand bâtisseur du communisme ». La police politique, la Guépéou, fait régner l’ordre. Le régime stalinien est un régime totalitaire qui dirige autoritairement le pays économiquement, socialement, politiquement.

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    B/ Le nazisme en Allemagne.

    1.       La mise en place du régime.

    Dans un contexte d’indignation face à l’armistice de Rethondes et au Traité de Versailles, puis de crise économique venue des Etats-Unis à partir de 1929, Hitler, et son parti le NSDAP ( pour la Grande Allemagne, l’abrogation du Diktat, la fin du Parlement et le travail réservé aux Allemands), sont de plus en plus écoutés en Allemagne. Ils remportent les élections législatives de 1932 avec 37% des voix. Le 30 Janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier par le président Hindenburg. Il va désormais s’appliquer à réaliser son programme écrit dans Mein Kampf (Mon Combat) en 1923.

    Hitler forme un gouvernement de coalition dans un premier temps. Le 27 Février 1933, le Reichstag, lieu de réunion des députés allemands brûle. Le « crime » profite aux nazis. Dès le 1 er Mars 1933, Hitler applique sa doctrine exposée dans Mein Kampf: restriction des libertés individuelles, de la liberté de la presse, de la liberté de réunion. Il se fait donner les pleins pouvoirs : il est désormais le führer (guide). A la mort d’Hindenburg en 1934, il devient le Reichführer. 

    2.       La mise au pas  de la société allemande.

    La société allemande est assez rapidement encadrée:

    -          Par une police politique: la Gestapo

    -          Grâce à une armée constituée de SS et de SA. Ceux-ci sont épurés après la nuit des longs couteaux du 30 Juin 1934

    -          Grâce à la création du premier camp de concentration; Dachau.

    -          Par la mise en place d’une politique antisémite: les gens de religion juive n’ont plus la nationalité allemande et sont mis au ban de la société, puis tout est fait pour leur faire fuir le pays comme la Nuit de Cristal de Novembre 1938

    -          Par la propagande incessante et simpliste orchestrée par Goebbels avec des slogans comme « ein volk, ein Reich, ein Fuhrer », la « race aryenne supérieure » ou encore « l’espace vital » nécessaire aux allemands ».

    -          Par le culte de la personnalité

     

    II/ La démocratie française face aux crises.

     

    A/ L’arrivée au pouvoir du Front Populaire.

    La crise économique n’atteint la France qu’en 1931. Comme dans tous les pays européens, elle se traduit par la montée du chômage et de la misère. Cela favorise le discours antiparlementaire, antidémocratique et raciste des Ligues d’extrême droite. Celles-ci organisent une manifestation à Paris le 6 Février 1934. Elle tourne à l’émeute et menace le Palais Bourbon, symbole de la démocratie. En réaction, la Gauche s’unit sur un programme commun (pain, paix, liberté face à la misère, la guerre et le fascisme) et forme le Front Populaire (def p 73) qui gagnera les élections législatives de Mai 1936.

     

    B/ La réponse du Front Populaire à la crise politique et économique: les grandes lois sociales.

    Des « grèves joyeuses » éclatent dans toute la France à la suite de la victoire du Front Populaire. Léon Blum devient Chef du gouvernement et obtient des Accords à Matignon qui déboucheront sur de Grandes lois sociales : 40 heures de travail par semaine, 15 jours de congés payés, nationalisation des chemins de fer et industries d’armement, scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, augmentation des salaires. Mais les réformes ne portent pas les fruits escomptés et L. Blum n’engage pas la France aux côtés des Républicains espagnols qui luttent contre la volonté dictatoriale des Franquistes. Le parti communiste puis les radicaux retirent leur soutien aux socialistes. L. Blum démissionne. C’en est fini du Front Populaire.

    Conclusion : la marche à la guerre

     

    Dès 1935, l’Allemagne nazie multiplie les coups de force : annexion de la Sarre, remilitarisation de la Rhénanie en 1936, Anschluss avec l’Autriche en 1938, annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie en 1938 et 1939. Les démocraties  laissent faire devant les justifications germanophones d’Hitler lors de la Conférence de Munich de 1938. C’est en fait la marche vers la Seconde Guerre Mondiale.

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    LA SECONDE GUERRE MONDIALE

    1939-1945

    Le 1 er Septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne. Le lendemain, la France et le Royaume-Uni lui déclarent la guerre : c’est le début de la 2 eme Guerre Mondiale.

    Pourquoi la 2 eme Guerre Mondiale est-elle une guerre d’anéantissement ?

    I/ Un affrontement planétaire de 6 ans.

    A/ Un affrontement en trois grandes phases.

    1. 1939-1942 : les victoires de l’Axe

    Adoptant la stratégie de la Blitzkrieg (guerre éclair), les Allemands envahissent l’Europe en commençant par l’Est (Pologne). Ils écrasent leurs ennemis par leurs forces militaires (blindés, aviation). La guerre s’étend à l’Europe de l’ouest. Les Allemands envahissent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. La bataille de France dure 5 semaines. L’armistice est signé le 22 juin 1940.  

    Un front s’ouvre en Afrique du nord. Le 22 Juin 1941, l’Allemagne se retourne contre l’URSS.

    Le  Japon attaque les Etats-Unis à Pearl Harbor dans le Pacifique le 7 Décembre 1941. Le lendemain le Congrès américain vote la déclaration de guerre au Japon, à l’Allemagne et à l’Italie.

     

    1. 1942-1943 : Le tournant

    L’opération Barbarossa  mène les Allemands jusqu’aux portes de Moscou, mais ils sont bloqués à Stalingrad (juillet 1942-février 1943). 

    L’avancée japonaise est stoppée lors de la bataille de Midway. 

    En Novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. La bataille d’El-Alamein stoppe l’avancée allemande en Afrique.

     

    1. 1943-1945 : La reconquête par les Alliés. 

    Les Alliés (Etats-Unis, Canada, Anglais) débarquent en Normandie le 6 juin 1944, puis en Provence et reconquièrent l’Europe à partir de l’Ouest. L’URSS fait la reconquête de l’Est. 

    Deux bombes atomiques sont lancées par les Etats-Unis sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 aout 1945. Le Japon capitule le 2 septembre 1945. 

    B/ Une guerre d’idéologies visant à dominer la planète.

    Les pays qui s’affrontent ont des idéologies opposées qui vont renforcer la haine et la violence.

    ·         L’Allemagne nazie veut conquérir son « espace vital » à l’Est de l’Europe, détruire le communisme en URSS, exterminer les Juifs.

    ·         Les Japonais veulent dominer et exploiter à leur profit l’Asie Orientale dont ils méprisent les peuples.

    ·         Les Anglais, les Américains et une partie des Français veulent abattre le totalitarisme nazi au nom des libertés démocratiques.

    ·         L’URSS veut défendre puis affirmer la supériorité du communisme.

    L’art sous toutes ses formes devient partout un outil de propagande qui renforce ces idéologies par la diffusion des valeurs des régimes politiques, la mobilisation culturelle des populations et la stigmatisation des ennemis.

     

    II/ Une guerre totale.

     

    A/ Une mobilisation totale des pays en guerre. 

    Dans chaque camp, comme aux Etats-Unis, la mobilisation est totale. Près de 90 millions de soldats participent à la guerre. Les Etats en guerre produisent des armes en masse et de plus en plus perfectionnées (avions, chars, tanks, navires de guerre, bombes V1 et V2 pour les Allemands ou atomiques pour les Etats-Unis). L’effort de guerre mobilise aussi les civils et surtout les femmes, pour travailler dans les usines d’armement, mais aussi financer la guerre (impôts, emprunts) et accepter le rationnement. La propagande est incessante et passe par tous les moyens de l’époque ; de la BD, à la chanson, l’affiche, le cinéma.. 

    La guerre doit conduire à la destruction totale de l’ennemi.

     

    B/ Des opérations visant l’anéantissement total de peuples entiers. 

     

    L’Allemagne nazie met en œuvre la politique raciste et antisémite définie par Hitler.  

    Les gens de religion juive sont d’abord persécutés, puis mis à l’écart dans des ghettos, et enfin assassinés par les einsatzgruppen, ou déportés et exterminés dans des camps comme Treblinka. 

    La Solution Finale de 1942 planifie le génocide des juifs et des Tziganes. Acheminés par train de toute l’Europe nazie, dans des wagons à bestiaux, 90% d’entre eux seront exterminés dans des chambres à gaz, tandis que les autres mourront d’épuisement au travail forcé et des conditions de vie dans les camps. On parle de génocide. 

    La moitié de la population juive d’Europe et le tiers de la population tzigane disparaissent (environ 6 millions de personnes).  

     

    Conclusion :

    C’est la guerre la plus meurtrière de l’histoire avec plus de 50 millions de victimes dont plus de la moitié de civils. Cela s’explique par la durée du conflit, la volonté d’anéantissement des Etats et des peuples, et le recours à des armes de plus en plus meurtrières. 

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    LA France DANS ET APRES LA SECONDE GUERRE MONDIALE

    Problématique : comment  la République française s’effondre-t-elle en 1940 et comment est-elle refondée à partir de 1944 ?

     

    I/ Comment la défaite a-t-elle entrainé la fin de la III eme République ?

    A/ De la défaite à l’occupation et la collaboration.

    La France est vaincue en 3 semaines. En plein Exode, le maréchal Pétain signe l’armistice le 22 juin 1940 qui a pour conséquence le démantèlement et la séparation de la France en deux zones (ligne de démarcation), sans libération des prisonniers restés en Allemagne, le gouvernement installé en zone libre à Vichy a droit à une petite armée, mais il doit payer des frais d’occupation élevés à l’Allemagne. La grande majorité des députés et sénateurs acceptent la « mise à mort » de la IIIe République et la mise en place d’une dictature à partir du 11 Juillet 1940 avec Pétain pour chef du nouvel Etat Français.  

     

    B/ La France sous le régime de Vichy et sa Révolution Nationale.

    Le régime de Vichy est un régime autoritaire qui impose une nouvelle devise (Travail, Famille, Patrie) et de nouveaux symboles (francisque), tout en embrigadant les jeunes (Cœurs vaillants). Il se donne pour objectif l’instauration d’un programme « la Révolution Nationale » basé sur la discipline, l’ordre, l’épargne et le courage. A partir du 24 Octobre 1940 et la rencontre avec Hitler à Montoire, la France de Pétain collabore avec l’Allemagne: création d’une Milice, STO à partir de 1943, rafles des populations juives livrées aux nazis, envois des productions industrielles et agricoles qui entrainent le rationnement des français, lutte contre la Résistance aux côté de la Gestapo.

     

    II/  Comment la Résistance refonde-t-elle la République ? 

    A/ La Résistance peu à peu unifiée.

     

    Dès le 18 Juin 1940, un appel à la résistance de De Gaulle se fait entendre sur les ondes de la BBC de Londres. Les raisons d’entrer en résistance sont variées mais surtout liées à l’opposition au régime de Vichy et à l’occupation allemande. Cette Résistance se manifestera par des actions variées au sein de mouvements comme Libération-Sud, Franc-Tireur et Combat, où les femmes sont nombreuses: tracts, publication et distribution de journaux, renseignements, sabotages, fabrication de faux papiers. En 1941, De Gaulle envoie Jean Moulin (bio p 121) unifier la Résistance dans un Conseil National de la Résistance (CNR) créé en 1943. Les valeurs mises en avant sont alors la Liberté et la fraternité. Mais la répression par les Allemands et le gouvernement de Vichy est féroce : arrestations, torture, déportations et exécutions.

     

    B/ La Libération et la refondation de la République.

    À la fin de la seconde Guerre mondiale, la libération du territoire national est la priorité, puis la reconstruction est lancée. Le Gouvernement provisoire de la république Française (GPRF) succède à l’Etat Français. La continuité républicaine avec la Troisième république est affirmée. Le Maréchal Pétain est arrêté, tandis que le général de Gaulle prend la tête du gouvernement provisoire. Les réformes sont nombreuses, fondées sur le programme du CNR, pour installer une démocratie sociale (création de la Sécurité Sociale, vote des femmes) qui réaffirme les valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité). Une assemblée constituante rédige une nouvelle constitution : la quatrième république est instaurée en 1946. De Gaulle, opposé au régime parlementaire qu’elle met en place, quitte le pouvoir.

     

    CONCLUSION :  

    Le système républicain est renversé par le régime de Vichy de 1940 à 1944, mais les Français restent attachés à ses valeurs et préparent sa refondation pendant l’occupation. Dès 1946, le régime républicain est restauré en France.

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    LA GUERRE FROIDE

    En 1945, la création de l’ONU répond à une aspiration de maintien de la paix. Pourtant, très vite, l’Entente qui s’était maintenue pendant la guerre va se fissurer. Les Etats-Unis et l’URSS, sorties renforcées de la guerre, vont s’affronter idéologiquement et être à l’origine de nombreux conflits dans le monde. La tension mondiale est alors renforcée par le fait que les deux Grands possèdent la bombe atomique (Etats-Unis depuis 1945, URSS à partir de 1949).

     

    Pourquoi et comment les Etats-Unis et l’URSS s’affrontent-ils de 1947 à 1991 ?

    I/ La montée des tensions et la naissance d’un monde bipolaire : 1947.

    Dans les pays d’Europe centrale et orientale libérés par l’URSS, des élections installent très vite des gouvernements communistes alliés à l’URSS. Churchill dès 1946 parle d’un rideau de fer qui s’abat sur ces pays. En 1947, le président américain Truman déclare qu’il aidera désormais les peuples libres à résister au communisme (doctrine Truman). Il s’allie aux pays qui cernent l’URSS : c’est l’endiguement. De même, le plan Marshall  assure désormais une aide économique et financière aux Etats qui refusent le communisme. Staline lui oppose la doctrine Jdanov qui affirme que les partis communistes doivent désormais lutter contre l’impérialisme capitaliste américain. Le monde devient bipolaire (tableau p 150). Chaque bloc se lance dans la « course à l’armement » pour se dissuader mutuellement de toute attaque. Le monde est entré dans la Guerre Froide.

    EPI : Les figures de l’ombre : vidéo de C’est pas sorcier et questionnaire.

    II/ Les crises de la Guerre Froide.

    Entre 1947 et 1991, La Guerre Froide oppose le Bloc Est au Bloc Ouest. Berlin est au cœur des tensions.

    En 1945, la ville comme l’Allemagne est partagée en 4 zones d’occupation réparties entre les Alliés. En 1948, Staline tente un coup de force pour accaparer la ville de Berlin au secteur Est de l’Allemagne occupé par l’URSS. Il coupe les accès terrestres aux secteurs occidentaux de la ville : c’est le blocus de Berlin. Les Etats-Unis répondent par un pont aérien. Staline finit par céder et lever le blocus, mais l’Allemagne est désormais divisée en deux Etats : la RDA (Est et soviétique) et la RFA  (Ouest).

    Une deuxième crise survient en 1961. Pour stopper l’émigration massive d’Est en Ouest, un mur séparant la ville de Berlin est construit dans la nuit du 12 au 13 Août 1961 séparant définitivement les familles berlinoises.

    En  1989, la faillite du régime soviétique amène l’ouverture de la frontière entre la Hongrie et l’Autriche. Le 9 Novembre, les citoyens Est-Allemands forcent le passage vers l’Ouest. La chute du mur marque le début du processus de réunification de l’Allemagne qui se terminera en 1991, et la fin de la Guerre froide pour le monde.

    Berlin a bien été un des principaux enjeux de la Guerre froide.

    D’autres crises ont marqué la Guerre Froide (voir frise p 152 et 153). La plus importante fut sans aucun doute la crise de Cuba en 1962 qui amena le monde au bord d’une 3 eme Guerre Mondiale.

    III/ La fin de la Guerre Froide : 1989-1991

    Après la crise de Cuba et l’installation du téléphone rouge reliant directement Washington et Moscou (1963), on entre dans l’ère de la détente. En 1972 les deux pays signent les accords Salt qui limitent la fabrication des armes nucléaires, puis en 1975, les accords d’Helsinki garantissant les frontières européennes et en principe les droits de l’Homme. La période n’est pas exempt de conflits mais ils ne remettent pas en cause la détente.

    Peu à peu, l’URSS ne parvient plus économiquement à dominer le Bloc Est. Arrivé au pouvoir en URSS en 1985, Gorbatchev rend possible des changements. En Juin 1989, en Pologne et en Hongrie, des élections libres entraînent la chute des gouvernements communistes sans que l’URSS intervienne. Le 9 Novembre 1989, les Berlinois détruisent le mur de Berlin, et l’Allemagne est réunifiée en 1990. Désormais le communisme s’effondre dans presque tous les pays d’Europe de l’Est. Les Etats-Unis restent la seule superpuissance mondiale.

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    DE LA DECOLONISATION AUX NOUVEAUX ETATS

    Comment les colonies d’Afrique et d’Asie accèdent-elles à l’indépendance entre 1947 et 1962?

    I/ Un contexte favorable aux indépendances.

    Au lendemain de la guerre la situation internationale est favorable à l’émancipation des peuples colonisés:

    -  les principales puissances coloniales européennes (France et RU) sortent affaiblies du conflit.

    - URSS et EU dénoncent le colonialisme,

    - l’ONU réaffirme dans sa charte l’égalité de droits des peuples et leur droit à disposer d’eux-mêmes.

    La principale phase de décolonisation se fait entre 1947 et 1962 en commençant par les pays asiatiques avant d’atteindre l’Afrique. Mais toutes les métropoles n’étaient pas prêtes et surtout les matières premières fournies par les colonies étaient indispensables à la reconstruction. C’est ainsi qu’il y a eu deux types de décolonisations : des colonisations violentes comme en Algérie, ou des colonisations pacifiques comme au Sénégal.

    II/ Les différents modes d’accès aux indépendances.

    A/ Etude de cas : comment l’Inde est-elle devenue un Etat souverain?

    La lutte non-violente (désobéissance civile) menée par Gandhi et Nehru à partir de 1930, et les effets de la Seconde Guerre mondiale renforcent les nationalismes hindou et musulmans, et contraignent les Britanniques à négocier la décolonisation de l’Empire des Indes à partir de 1945. L’indépendance est obtenue le 15 Août 1947 et débouche sur deux États indépendants : l’Union indienne, à majorité hindouiste, et le Pakistan, à majorité musulmane. Cette partition attise les fortes tensions intercommunautaires entre hindouistes et musulmans, provoquant des massacres, des transferts de population et l’assassinat de Gandhi en 1948.

     

    B/ Etude de cas : comment l’Algérie a-t-elle obtenu son indépendance ?

    La conquête de l’Algérie par la France a débuté en 1830. La politique d’assimilation y est un échec. Les populations européennes sont nettement plus riches et instruites que les populations algériennes, majoritairement rurales et illettrées. Ces inégalités contribuent à alimenter le mécontentement des algériens.

    En octobre 1954, le mouvement indépendantiste du FLN, dirigé par Ferhat Abbas, publie un Appel au peuple algérien, l’invitant à entrer dans la lutte. Le lendemain, une vague d’attentats est dirigée contre la population européenne. C’est rapidement l’engrenage de la guerre. Le FLN mène une guérilla à laquelle la France répond par l’envoi du contingent et l’emploi de la torture.

    Les accords signés à Évian en mars 1962 reconnaissent l’indépendance de l’Algérie. Ils sont suivis de massacres à l’encontre des populations européennes (800 000 Pieds-Noirs) et des harkis, qui doivent quitter précipitamment le pays.

     

    III/ L’affirmation d’un Tiers Monde.

    Les nouveaux Etats, sous-développés, sont dits du Tiers-Monde. Dans un premier temps, ils cherchent à s’organiser. Lors de la conférence de Bandung de 1955, ils condamnent le colonialisme.  Face aux Etats-Unis et à l’URSS, ils entendent jouer un rôle sur la scène internationale en fondant le mouvement des non-alignés à l’ONU. Lors de la Conférence de Belgrade de 1961, ils dénoncent leur sous-développement lié à leur exploitation par les anciens pays colonisateurs riches et demandent réparation ou au moins un effort des pays riches envers les pays pauvres. En fait, les pays qui ont obtenu leurs indépendances dans les années 60, n’ont pas réussi à vraiment s’unir et se sont plus ou moins développés indépendamment les uns des autres.

     

    CONCLUSION : exercice 3 p 144 

    __________________________________________________________________

    Les
    transformations
    sociales en France
    et leurs réponses
    politiques
    (1950/80)

    La place des femmes 
    Elles s’affirment dans la société au nom du principe
    d’égalité : les femmes accèdent à une égalité en
    droit notamment au travail. La maitrise des
    naissances permet l’accès à une plus grande liberté
    sociale. Toutefois, l’évolution des mentalités est
    lente et de nombreuses inégalités demeurent.
     
     1967: loi Neuwirth autorisant utilisation de la pillule
    1974 : loi IVG
     

    Vieillissement de la population                                                          
    La population de plus de 60 ans connaît une 
    augmentation forte et régulière (allongement de
    l’espérance de vie).   
    Au début des années 60, elle est confrontée à la
    pauvreté (manque de moyens financiers).                                                    
    De plus, après une longue vie de labeur, beaucoup
    aimeraient partir en retraite plus tôt et laisser la
    place aux jeunes.                                                                                                
    Cette population nécessite aussi une prise en
    charge particulière : maisons de retraite adaptées,
    formation professionnelle …
     
    La retraite à 60 ans accordée à tous les travailleurs
    en 1982  (F Mitterrand)
     
    Nouvelles aspirations de la jeunesse:                       
    Elle s’affirme dans la société. La contestation étudiante,
    au coeur de la crise de mai 68, est révélatrice : grèves,
    manifestations dans la rue, allant jusqu’à de violents
    affrontements avec les forces de l'ordre (Quartier Latin)...
    Elles dénoncent l'autorité, l'incertitude face aux
    débouchés et réclament  des libertés.                   
    Une « culture jeune » apparaît aussi : musiques (rock, yé-
    yé …), modes vestimentaires (minijupe, blouson noir …); le
    magazine et l'émission de radio Salut les copains en sont
    des vecteurs.
      En 1974, VGE abaisse la majorité à 18 ans : droit de vote
    et droits civils (se marier, ouvrir un compte bancaire … )
     
     
    Montée du chômage…
    A partir des années 70, la France voit le taux de chômage
    progressivement augmenter. Des régions entières sont
    touchées. L’ANPE créée à la fin des années 60 par l’Etat
    cherche à mettre en relation les entreprises et les
    salariés…très vite son action ne suffit plus. Le
    développement du chômage s’accompagne d’une
    augmentation de la pauvreté. Des mesures sociales
    voulues par l’Etat se multiplient alors comme la création
    du RMI.
    Loi RMI institué 1988
       
     
    Développement de l’immigration: Les conditions économiques de
    l’après-guerre favorisent le recours à une main d’œuvre étrangère
    (Europe du sud) et venue des colonies. 
    Ces travailleurs appelés immigrés s’installent durablement en France.
    Leurs enfants nés en France acquièrent la nationalité française. Ils
    souhaitent accéder à plus d’égalité et certains luttent activement
    contre les discriminations.
     
    1972: loi Pléven
    Marche pour l’égalité contre le racisme 1982 83
    => Conclusion : entre les années 50 et les années 80, la
    société française a connu des transformations décisives qui
    ont influencé le monde politique. En effet , elles ont souvent
    animé le débat politique de l’époque. Leurs réponses
    législatives montrent que le modèle social républicain a
    évolué depuis l’après guerre.