• Cours de géographie 3 eme

    AIRES URBAINES ET ESPACES DE FAIBLE DENSITE  EN FRANCE

    Les citadins ou urbains représentent aujourd’hui 85% de la population française. On parle d’une société urbanisée et d’une métropolisation de l’espace. Cela se traduit par une occupation des territoires particulière et par une mobilité des hommes nouvelle.

    Comment évoluent les aires urbaines et les espaces ruraux dans un contexte de mondialisation ?

    I/ Un territoire français de plus en plus urbanisé. 

    A/ Un exemple : l’aire urbaine de Paris.

    L’étalement de l’aire urbaine de Paris ou périurbanisation entraîne des conflits d’usages. Les plus courants concernent la transformation de terres agricoles en lotissements ou en zone d’activités industrielles et commerciale (mitage ou grignotage), les conseils municipaux désormais détenus à la majorité par des néo-ruraux… La nécessité de répondre à ces conflits d’usage et à la pollution tout en maintenant le niveau mondial de Paris amène de plus en plus à envisager un développement durable avec la construction d’éco-quartiers, la création de circulations douces (pistes cyclables), la protection d’espaces verts et forestiers, la construction de lignes de transports collectifs (Grand Paris Express).

    B/ 10 aires urbaines  organisent l’espace français. 

    Le processus d'urbanisation a conduit à l'émergence de 10 grandes aires urbaines, souvent des métropoles régionales plus ou moins intégrées à la mondialisation: on parle de métropolisation de l’espace car c’est là que sont concentrés l’essentiel des pouvoirs politiques, économiques et culturels. Mais il existe aussi des métropoles secondaires, peu intégrées à la mondialisation, qui perdent des habitants (ex.

    II/ Des espaces ruraux qui couvrent 60% du territoire.

    A/ Des territoires en pleine mutation.

    On constate que les régions du Nord, très urbanisées et où le chômage est élevé, se vident au profit des régions de l’Ouest et du Sud appelée « ceinture du soleil » (héliotropisme et littoralisation). On distingue par ailleurs des espaces ruraux dynamiques où est pratiquée une agriculture moderne aux revenus élevés, ou qui bénéficient de la proximité d’une aire urbaine (rurbanisation). Mais il existe aussi des espaces ruraux fragilisés, aux agricultures peu rentables et loin des axes de communication. Ces espaces couvrent environ 50% du territoire selon une « diagonale du vide » qui va des Pyrénées aux Ardennes en passant par le Massif Central.

    B/ Des espaces de faible densité de plus en plus dépendant des villes.

    Les espaces de faible densité se caractérisent par leur environnement rural, leur éloignement des villes et des services, leur vieillissement démographique. L’agriculture et le tourisme contribuent au dynamisme de certains. Les aides publiques aident à cette revitalisation en soutenant des projets de développement ou la création de parcs nationaux ou régionaux comme dans le Massif de la Vanoise. Il n’en reste pas moins des espaces en déprise où les friches et le reboisement progressent.

    CONCLUSION : La société française est de plus en plus concentrée dans des aires urbaines qui dominent l’espace alentour et se développent en liaison avec la mondialisation. Cela n’est pas sans conséquences sur l’espace rural qui est peu à peu grignoté ou colonisé par les rurbains. De plus, cela entraîne des déplacements et une mobilité de plus en plus importante des habitants facilités par les infrastructures de transport. 

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    Les espaces productifs et leurs évolutions 

    La France est riche de territoires variés, travaillés et transformés depuis des siècles. On classe ses activités économiques en secteurs : primaire, secondaire et tertiaire. Elle dispose en effet d’une grande variété d’espaces productifs, c’est-à-dire de territoires aménagés et mis en valeur pour développer une activité économique : espaces industriels, agricoles et de service.

    Comment les espaces productifs français s’adaptent-ils à la mondialisation ?

    I/ Quelles mutations connaissent les espaces industriels français ? 

    A/ Un exemple d’espace industriel : Aerospace Valley

    a.      Un cœur = Toulouse 

    Toulouse, métropole de la région Occitanie, est le centre de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Aerospace Valley. Elle regroupe des activités de recherches, de fabrication (assemblage de l’airbus A380) et de formation dans l’aérospatiale et l’aéronautique : c’est une technopôle. Ce pôle de compétitivité  dynamise tout le Sud-Ouest de la France. Plusieurs acteurs locaux comme la région, et nationaux (Etat) travaillent ensemble pour faire de ce pôle local un centre national voire international.

     

    Technopôle : parc d’activités de haute technologie associé à des centres de recherche et d’enseignement supérieur.

     

    b.      Un poids régional, national et européen.

    Le pôle de compétitivité de Toulouse a un poids régional, européen et mondial : 

     1. L’ Aérospace Valley est aujourd’hui au cœur de la région Occitanie, dans laquelle se répartissent des établissements sous-traitants.  

    2. Les différents éléments de l’Airbus sont fabriqués dans plusieurs pays de l’Union Européenne : Allemagne, Belgique, Espagne, Royaume-Uni. L’avion est inventé et assemblé à Toulouse.  

    3. Il est fabriqué à partir de commandes reçues du monde entier. 

     

    B/ Un paysage industriel français transformé.

    Auparavant les espaces productifs industriels se situaient dans les régions riches en matières premières (charbon, fer) et en main d’œuvre (Nord-pas-de Calais, Lorraine). Pour faire face à la crise et à la concurrence internationale, l’Etat a aidé à l’aménagement de zones industrialo-portuaires (ZIP) et à la reconversion sur les friches industrielles de certaines régions. Aujourd’hui, les espaces productifs industriels sont surtout à proximité des métropoles, dans les régions frontalières, qui bénéficient d’axes de communication routiers, ferroviaires, maritimes et aéroportuaires.

    Le cœur industriel du pays reste localisé en Ile de France et dans le couloir du Rhône. On assiste aussi à un glissement des activités de pointe vers les littoraux et le Sud-Ouest notamment. On constate aussi le développement de parcs technologiques dans les zones périurbaines des métropoles.

    Les espaces productifs français ont subi de nombreuses transformations, mutations et reconversions pour s’adapter à la mondialisation, et permettre à la France de rester une puissance industrielle d’ordre mondial.

    II/ Comment les espaces agricoles se transforment-ils ? 

    A/ Un exemple : la production patatière dans la Marne

    Dans la Marne, les agriculteurs se sont spécialisés dans la production patatière. 

    L’espace agricole est composé de plaines où s’étendent de vastes parcelles (openfield) situées autour de l’usine Mac Cain bien desservie par des axes de communication. La culture est fortement mécanisée, moderne: on parle d’agriculture productiviste. En outre, cette activité est intégrée, c'est-à-dire très liée à l’industrie agro-alimentaire. Les exploitants agricoles, parfois sous contrat, travaillent avec les chercheurs et les agronomes des entreprises agro-alimentaires et les productions sont envoyées ensuite sur les marchés européens et mondiaux. 

    B/ Un espace productif qui connait de profonds bouleversements. 

    Tout comme les espaces industriels, les espaces agricoles se sont transformés ces dernières décennies. Pour résister à la mondialisation, les agriculteurs français soutenus par la Politique Agricole Commune de l’Union Européenne (PAC), ont du et pu poursuivre la modernisation de leurs activités : mécanisation, irrigation, utilisation d’engrais, intégration dans le circuit agroalimentaire. C’est ainsi que s’est mise en place une agriculture productiviste c’est-à-dire visant à produire toujours plus. Aujourd’hui, il faut faire face parfois à la surproduction.

    Cette modernisation a entrainé une spécialisation des régions agricoles et le recul de la polyculture. Le Bassin Parisien et le Bassin Aquitain sont ainsi des régions de grande culture céréalière avec de vastes exploitations très modernes. L’Ouest s’est spécialisé dans la production laitière et l’élevage intensif. Les cultures délicates (vignes, fruits, légumes et fleurs) sont présentes dans les vallées de la Loire, de la Garonne et en Provence. Toutes ces régions sont bien intégrées à la mondialisation et exportent dans le monde entier : la France est le premier producteur agricole européen et le 5 eme exportateur mondial.

    Cette modernisation a eu de nombreuses conséquences sur l’environnement et, en réaction, se développent de nouvelles pratiques agricoles : on parle d’agriculture durable.

     

    III/ Comment fonctionnent et évoluent les espaces tertiaires français ?

    A/ Un exemple : le Mont Saint Michel.

    Le Mont-Saint-Michel est le site touristique le plus fréquenté parmi ceux qui se trouvent en dehors de l’Ile-de-France. C’est un espace productif tertiaire (commerces et activités touristiques diverses) qui cherche à attirer des visiteurs toujours plus nombreux sans détruire l’écosystème fragile.+ coller la carte mentale complétée. 

     B/ Un tertiaire qui façonne de plus en plus le territoire français.

    En France, le secteur tertiaire (les services) représente les 2/3 des richesses produites et emploie 78% de la population active.

    Puissance touristique mondiale, la France bénéficie de nombreux atouts et espaces touristiques historiques, verts, balnéaires, montagnard, grâce à la diversité des climats, des paysages et de son patrimoine culturel. Mais les activités de service offertes par l’Etat, les PME (Petite et moyennes entreprises) et les FTN (grandes entreprises transnationales) sont surtout concentrées dans les villes et les métropoles qui sont donc aussi des espaces productifs tertiaires. On parle de société tertiarisée.

     

    Conclusion : Comment se répartissent et évoluent les espaces productifs français ? Fiche de travail n°1 

    Les espaces productifs français ont connu d’importantes mutations ces dernières années. Suite à la crise des industries traditionnelles et à l’émergence de pôles de compétitivité, les espaces industriels ont vu leur répartition changer profondément. La production agricole, si elle emploie de moins en moins d’actifs, est très productive et connectée à une industrie agro-alimentaire intégrée à la mondialisation. Les activités de service se concentrent enfin dans les métropoles à l’exception des activités touristiques qui se développent à travers le territoire. Chacun évolue en tentant de suivre les règles d’un développement durable.

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    POURQUOI ET COMMENT AMENAGER LE TERRITOIRE ?

    Des inégalités très fortes existent entre les territoires français. Certains sont intégrés à la mondialisation : métropoles, littoraux, zones frontalières tandis que de nombreux espaces ruraux sont laissés à l'écart. L'Etat et les collectivités territoriales (régions, départements, communes) aménagent les territoires pour réduire les inégalités et pour les rendre plus compétitifs à l'échelle internationale 

    Comment les politiques publiques d’aménagement tentent-elles réduire les inégalités entre territoires ?

    I/ Réduire les inégalités au niveau des régions : un exemple l’Ile de France.

    A/ Une région capitale qui doit faire face à de nombreux défis.

    La région Ile de France doit faire face à de nombreux défis : elle concentre 19% des français sur moins de 3% du territoire national. Elle regroupe des départements riches mais aussi des départements pauvres, des quartiers riches et des quartiers pauvres. Son cœur, Paris, est le centre d’un réseau de transport en étoile très inégalitaire. Elle doit de plus faire face à un défi de gouvernance : tout projet d’aménagement doit remporter l’accord du Conseil Régional, de 8 Conseil Généraux (Départements) et de l’Etat puisqu’elle est région capitale.

    B/ Une région en aménagement constant : l’exemple du Grand Paris Express.

    Paris, comme la région IDF doit d’autant plus faire face aux inégalités qu’elle recèle, qu’elle est une capitale mondiale. Elle est l’objet d’aménagements constants du territoire comme dans le cadre du projet Grand Paris Express. C’est en effet un projet pharaonique qui permettra de relier les banlieues entre elles, de les dynamiser grâce à la création de pôles de développement tout autour de Paris, directement reliés au cœur de la capitale. En plus des nombreux kilomètres de voies de RER à construire, il faut ériger 40 gares. Ce projet d’aménagement du Grand Paris express est donc bien conçu pour réduire les inégalités de transport, mais aussi de logement et d’activité économique au sein de la région Ile de France.

    II/ Réduire les inégalités au niveau national : un exemple, les territoires ultramarins.

    A/ Etude de cas : La Réunion.

    L’ile de la Réunion est très éloignée de Paris (plus de 9000 km), dans l’Océan Indien. Elle est marquée par des contraintes physiques (intérieur montagneux et volcanique) et climatiques (alizés apportant de fortes pluies à l’Est de l’ile, cyclones).  La population est concentrée plus particulièrement dans les villes du littoral où se trouvent les emplois. Le port assure le ravitaillement de l’ile en produits de première nécessité venus de la métropole et permet aussi l’exportation du sucre de canne notamment. L’aménagement de la route dite des Tamarins permet de réduire le trafic sur le littoral et le rendre au tourisme, mais aussi de désenclaver et développer les « Hauts »de l’île. Ce projet d’aménagement du territoire a été mené par la Région et l’UE.

    B/ Des défis souvent différents de ceux de la métropole.

    Les territoires d’outre-mer connaissent de nombreuses problématiques semblables à la métropole dans le domaine de l’aménagement, mais ont des contraintes supplémentaires (distance, insularité, climats tropicaux et leurs cyclones, volcanisme). Les aménagements d’outre-mer sont nécessairement spécifiques, ne serait-ce qu’à cause de la géographie physique. Cependant, ces contraintes ne sont jamais une fatalité : elles peuvent se transformer en opportunité comme pour le tourisme  lié à la découverte des volcans ou au développement de stations balnéaires.